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Il avait sondé son regard, l’avait pénétré un indéfinissable instant, s’immergeant en ses eaux les plus profondes, profanant ses confins les plus sacrés.
L’affolant, le troublant, en altérant la limpidité, la sérénité cristalline, tel un limon décanté que le typhon, en son vortex aspire et remet en suspension, il l’avait rendu turbide, agité, illisible comme une encre versée, qui, se répandant en une ombre opaque et erratique, scella en son fluide sarcophage, ses plus secrets et énigmatiques hiéroglyphes.
Il promit de l’aimer plus que lui-même, de tout partager, du meilleur comme du pire, de lui appartenir jusque dans ses plus ultimes retranchements, jusqu’aux dernières fibres de son humanité imparfaite.
Il serait pour elle, tout ce qu’à jamais elle serait pour lui… plus que le monde entier!
Je te donne tout de moi, qui suis par toi, toute chose, son complément et son contraire.
Et je veux tout de toi, ma rose, mon sang, mon univers!
Tu es mon ciel, tu es ma Terre, l’étoile du soir et sa lumière. Tu es l’endroit, je suis l’envers, toi l’infini, moi sa poussière.
Tu es ma trêve, tu es ma guerre, ma pénitence et ma prière. Mon absolu, ma démesure, ma faille, ma brèche et ma fissure.
Soit mon passé, soit mon futur. J’ai de t’aimer tant de blessures où tes baisers sont mes morsures. Oh! Toi sublime que ceint l’azur, qu’as-tu besoin d’une âme impure?
Je suis colère et je suis fiel. Boit mon absinthe et soit mon miel, ma source sainte, mon hydromel, mon philtre d’amour éternel
Tu es le sucre, je suis le sel et crois l’impossible réel quand le délire de ma raison n’a pour désir et pour passion que vaincre pour toi des empires, pour que tes bras soient ma prison, mon unique et seul avenir.
Règne sur moi, et, sur mon front, pose la croix de ton chemin. Trace des doigts plus que des mains, les milles pas de mon destin. Car s’écrit en toi l’avenir dans le nœud vivant du désir.
Trace des doigts plus que des mains, ce doux frisson qui me convainc que l’avenir n’est rien sans toi. Comme une reine est à son roi, écrit de gestes, jusqu’au matin, les pas célestes de mon destin.
Je suis zéphyr et aquilon, le chêne, la brindille et l’ajonc. Je suis méfiance et abandon, désert aride que rend fécond ce sanglot long qui, par amour, hante mon coeur, tissant son cours, dans la douceur de ton prénom…
Je suis réponse, tu es questions. Sois mon dogme et ma religion, par toi, le calice et l’oracle, l’arche en son tabernacle.
L’honneur mesure la trahison, le péché l’ampleur du pardon, le châtiment et la misère, le serment de la rédemption.
Tu es le temple, tu es le fruit, ma nymphe d’ambre, mon paradis et de Altaïr à Véga, tu es l’alpha et l’oméga. Et ta splendeur à son zénith repose dans les bras d’Aphrodite, ton impudeur est une invite… et mes caresses te revisitent…
Je suis ruisseau, tu es torrent, le goût de l’eau, celui du sang, l’écho et le silence hurlent, le soupir et l’ombre du vent.
Tu es l’amie, je suis l’amant, le rêve ingénu de l’enfant. Tu es le cri, tu es le chant, le froid, la neige et le printemps.
Je suis la lutte et le tourment, la chute et le renoncement, des vérités celle qui te ment, l’espoir, l’atome et le titan, la fin et le commencement.
Tu es la rose et son encens, le basalte et le diamant, celle qui subjugue et qui se rend, celle qui conjugue le cours du temps. Mon insoumise et mon volcan, celle qui se donne et se reprend.
Je suis le joug et le fardeau, je suis la marque sur ta peau. Je suis l’emblème, tu es le sceau, l’espoir, le rêve et le chaos et de l’orfèvre le joyau.
Tu es le secret et l’aveu, tu es l’attente, tu es l’adieu, ce mal étrange que je veux, qui fait qu’impossible se peut! Te dois l’odyssée de ma vie… ce que le jour doit à la nuit…
J’ai tant de raisons de t’aimer et de par le vaste empyrée de celles que je n’ai su te dire, les plus belles me restent à écrire…