ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Maracas (par Paul Laurendeau)

Mes maracas
Viennent de Caracas
Ils sont rouge
Et ils bougent
En émettant un son grumeleux.
Et on dit qu’ils sont vénéneux
Les grains qui s’agitent ainsi dans leurs ventres
Comme des frelons au fond de leur antre.

Les maracas sont pourtant innocents
Ils amusent tellement les enfants
Mais il ne faut surtout pas les fendre
Ni les acheter ni les vendre
Ni trop les faire circuler
Ils sont comme ensorcelés
Ils contiennent de l’amertume
Des typhons, des vents, de la brume
Des terreurs et des cataclysmes
Des langueurs et de l’exotisme
Des passions et des déchirements
Des enjeux sociaux percutant
Des drapeaux rouges claquant au vent
L’ardeur de tout ce qui s’est décidé
De la Havane à Porto Allegre

Mes maracas
Viennent de Caracas
Ils sont noirs
Ils sont gros d’espoir
Si jamais mes maracas
Se cassent
Bien des décideurs s’inquiéteront
Vu que s’éparpilleront,
En toutes nos instances,
Les graines amères,
Délétères,
Vénéneuses
Capiteuses
De quelque chose comme une nouvelle conscience.

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