Une femme, ma mère (un film de Claude Demers), critique par Hélèna Courteau


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Une femme, ma mère
Un film de Claude Demers, 2019.
Lauréat du prix du meilleur film national
du Rendez-vous international du documentaire de Montréal (RIDM)

J’ai senti la quête d’une vie, un engagement et une sincérité. Je comprends que tu veuilles en parler avec des gens que tu as connus, des gens que tu as connus à différents moments de ta vie. Il doit y avoir un certain vertige à s’exposer à travers ce film.

À mon sens, c’est un film réfléchi, qui t’a pris du temps ;
du temps d’écriture
du temps de visionnement
du temps de réflexion.
du temps de montage.
Probablement en partage avec des gens avant de le finaliser.

C’est vrai que tu t’exposes et en final je peux dire que c’est réussi. Tu suis la fine ligne du récit de ta vie, le grand ruban. Il n’y a pas une image de trop, j’apprécie la sobriété du film. En fait, c’est un film anachronique dans le sens du rythme lent, des images monochromes. Le film demande au public de lâcher prise, de se laisser aller… Je suis ravie que ce poème soit reçu de cette façon en 2020.

Si on se fie à la trame, le narrateur est arrivé in fine, Marie, ta mère étant au bout de sa route. Elle a ouvert une fenêtre mais pas sa porte… Marguerite Duras disait: Je serai toujours devant une porte fermée [celle de sa mère], c’est pourquoi j’écris. Malgré tout, ce n’est pas un film sombre, on en perçoit l’humanité.

Bien sûr, on aimerait la connaître mieux, savoir aussi ce que les parents adoptifs ressentaient au sujet de la quête de leur fils. L’histoire, qui pourrait sembler mélodramatique, est toutefois balancée par une narration contrôlée, une narration scénarisée. Quand tu dis dans le film J’ai retenu ma rage, j’ai été patient… Ça déclenche une surprise chez le spectateur et la spectatrice.

On passe d’une voix hors-champs plutôt neutre qui décline une suite de faits à une évocation bien sentie des sentiments. À ce moment, on comprend que le fils a une très grande volonté de connaître, de savoir. C’est là qu’on se rend compte que sa démarche l’habite vraiment et depuis longtemps. Il ne lâche pas prise, il continue de cheminer avec sa mère Marie, de traquer la vérité.

Une femme, ma mère est bien articulé par le montage sonore, la composition musicale, la narration bien dosée et la durée, sans oublier le scénario bâti sur un suspense qui intrigue le spectateur et la spectatrice. J’ai aussi apprécié que le film soit séparé en séquences par des textes. C’est clair et dynamique. C’est un paradoxe que des images filmées par d’autres cinéastes abordant d’autres sujets puissent parler d’une juste façon de ton héroïne. C’est fascinant!

Alma ta fille
La boucle est bouclée, une enfant arrive sur terre, une grand-mère la quitte. Alma nait, elle vit.

2 réponses à “Une femme, ma mère (un film de Claude Demers), critique par Hélèna Courteau

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