Marie-Andrée Mongeau : Conte d’ascenseur

cover_mongeauOriginaire de la banlieue est de Montréal, Renée Côté aurait pu continuer à vivre auprès de ses parents et amis mais, à l’heure des choix, elle décide de poursuivre ses études en région, plus précisément à Rimouski, capitale administrative du Bas-Saint-Laurent. Elle a gardé de bons souvenirs de ses années d’études. Voilà pourquoi, quinze ans plus tard, elle quitte son poste dans un collège du centre-ville de Montréal pour retourner à Rimouski où elle enseigne les mathématiques. Et c’est là que ce roman atypique débute, comme un retour aux sources, un retour à l’adolescence, à des années heureuses et malheureuses, comme toutes les années.

Si j’ai qualifié ce roman d’atypique, c’est qu’il semble n’appartenir à aucun genre connu. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un récit intimiste car, au fond, on ne connaît que peu de choses sur les états d’âme de Renée. En effet, on la sait célibataire, mais sans plus. Et quand elle se fait poser un lapin par un ami, elle réagit comme une adolescente qui tourne ça à la blague, et non comme une femme blessée par ce comportement à la limite de l’irrespect.  Ce Conte d’ascenseur pourrait aussi être associé à une chronique réaliste sur la vie quotidienne d’une professeure de mathématiques dans un collège en région, mais ce n’est pas vraiment ça non plus, notamment en raison de ces interstices au cours desquels tout un chacun prend un ascenseur, un étrange ascenseur… Et c’est là que le roman bascule carrément dans le conte fantastique, bien que…. Décidément, on ne sait plus trop où nous en sommes avec ce Conte d’ascenseur.

Dans les faits, plus qu’à un roman, le « conte » de Marie-Andrée Mongeau s’apparente davantage à un ensemble de nouvelles regroupées autour d’une unité de lieu et de temps. Nouvelles réalistes, certes, mais entrecoupées de contes fantastiques. Et l’ensemble offre plusieurs niveaux de lecture, ce que lui confère d’ailleurs tout son intérêt : 1) le roman d’une prof de maths dans un collège, une enseignante qui, manifestement, s’intéresse à ses étudiants qu’elle considère à l’occasion comme ses protégés ; 2) le récit du coming-back, du retour vers le lieu de l’adolescence, du lieu où l’héroïne retrouve aussi d’anciens étudiants aujourd’hui devenus ses collègues ; 3) un conte fantastique qui se déroule dans un huis-clos − cet étrange ascenseur − et qui traumatise chacune des personnes qui ont la mauvaise idée d’y pénétrer…

Œuvre atypique, auteure atypique… Marie-Andrée Mongeau a exercé le rare métier – pour une femme, à tout le moins – de mécanicienne de marine pendant plus de vingt ans. Elle vit aujourd’hui à une centaine de kilomètres de Rimouski, dans des « terres » sises à cheval entre le Bas du fleuve et la Gaspésie. Conte d’ascenseur  est son premier roman.

Marie-Andrée Mongeau, Conte d’ascenseur. ÉLP éditeur, 2015, 3,49 euros ou 4,99 $ : lien vers la page Web de l’ouvrage sur le site ÉLP éditeur.

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