ÉGLOGUES INSTRUMENTALES — Mandoline (par Paul Laurendeau)

Mandoline
Tu es sibylline.
Tu joues nerveusement.
Tu es sur les dents
Car tu viens du Moyen-âge
Un temps nerveux et sauvage
Et tu t’en souviens.
Et cela revient
Dans les nervures de ton jeu.
Il y a quelque chose de vieux
En ton fin ramage.
Il y a de l’atavisme
Du scandé et du truisme
Dans ta fluide vérité
Qui se chante et dégouline.

Sauf que, mandoline
Tu as traversé les âges
Comme un dragon à la nage
Dans un lac maudit
Lacéré de ressacs, de bruits.
Et tu es toujours là.
Tu nous fais cadeau des larmes
Que ne versaient pas
Les hommes qui portaient les armes,
Les femmes qui tissaient le lin
En se déchirant les mains.
Ces gens notaient leurs divergences
Leurs écarts, leurs dissidences
En miniatures carolines
Au son de la mandoline.

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