Parfum d’Orient (Pierre Charles Généreux)

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Je sens dans ton sillage, de l’Égypte, un bazar,
La note de citron, la touche de vanille,
Un fond de bergamote, une fragrance rare,
L’odeur du mystère, la pointe de l’aiguille.

Ce bouquet de Byzance, l’amour qu’on respire,
Ce cœur d’hespéridé, nos baisers, nos désirs.
Un soir qui ressemble à un rêve oriental
De vin chaud, d’épices, d’iris et de santal.

Ce relent sur ta peau de narcisse, de menthe
Vaudrait bien à lui seul que je tue, que je mente.
Avec l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens
Se consument mon esprit, mon corps et mes sens.

Quand j’apprécie l’arôme de ta chevelure
Éparse sur le lit telle une étoile blonde,
Je vois un port hissé de mats et de voilures,
L’appel de l’Orient et la grandeur du monde.

La féerie des roses en mon âme a fleuri.
Ma mort dans ton sang devient mon apothéose.
Cet effluve anisé qui monte lorsque j’ose
Lever ta jupe mouillée de rosée, de pluie.

Sur tes drap embaumés, ta paresse, allongeant,
Mes sirènes d’hier te porteront mon chant.
Et parce que tes yeux ont d’étranges lueurs,
Agonisons d’un bruit, mourons d’une senteur.

Confronter l’olfactif, ce pervers stratagème,
Ce qui est inodore, à fuir comme la peste!
Mettre un bustier rouge sur ce temps qu’il nous reste,
Se saouler du parfum de la femme qu’on aime.

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