Le corbillard (Nicole Gravel)

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Mise en scène des doléances
Soutire l’économie prévue pour vos vacances
Pour vous donner l’illusion du rachat
Que malgré tout il vous a pardonné
Enferme le non-dit les émotions qui s’empilent
Laisse voir qu’un terrain vague aseptisé.
Qui l’ouvrira, prendra la chance de s’y regarder?
Pardonné de l’avoir maltraité jugé
Abandonné en ces lieux puant.
Maintenant la distance, le silence
Lui servant des discours creux
Pour faire taire ses propos, ses rêves en milles pièces
Corbillard refait sa beauté
Se poudre le ventre
S’assure d’être à la hauteur
D’exprimer vos dernières volontés.

Porte le velours et le satin du cérémonial
Défile les gens venus de loin,
De très loin de vous comme toujours.
Regards vides assèchent l’espace mortuaire
Faisant semblant et changeant vite de sujet.

Ils se diront: elle à bonne mine.
C’est drôle, je ne l’avais jamais vu dans cette robe.
Leurs fonds profonds réclameront le lunch, les crudités…
La bouche pleine, le silence meublera l’embarras.

Le Corbillard120210504_173702

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