Mal-aimés (Nicole Gravel)

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Une mignonne pouponne robe rose,
Dans la grâce de la petite enfance
Cheveux ondulées et emmêlés,
De ses douces mains,
Caresse son toutou bleu, son meilleur ami.
Elle le surnomme Toutou
Son confident à qui elle dit tout.
Lorsque ses parents, frères, sœurs et amis
Ne peuvent plus rien pour elle
Plus souvent invisibles, ils s’absentent.
Pour où, sans doute s’évadent-ils
Pour d’autres planètes lointaines.

Aujourd’hui, son toutou mal en point pendouille
Sur son lit défait, il ne tient que par quelques fils
Méconnaissable, presque laid.
Oh! Horreur, que faire?

Yeux mouillés, cœur à l’abandon
Aucune personne sur qui compter.
Plus seule encore, la maison se vide.
Ne reste que celle qui fait les courses,
L’entretien du jardin, la cuisine,
Les interminables corvées,
Elle croule sous leurs poids.
Elle court, se dépêche sans cesse
Incapable plus souvent de l’entendre.

Mignonne renifle, relève ses manches
De quelques façons tente l’impossible
Colle, agrafes, aiguilles et fils.
Malgré ses moultes efforts,
Pantois, toutou risque de perdre
Son dernier bras. Et sa tête ballote.

Le secret se révèle
Le chien de ses dents sournoisement lui faisait la passe.
Pas trop fort, juste assez pour en ressentir un certain plaisir.

Brusquement, le mordillant un peu plus chaque fois
Plus que d’habitude.
Ne pouvant plus lui résister
La gueule grande ouverte, sa salive coulait,
Juste à temps s’arrête, avant que Pouponne ne le surprenne.

Pitou pantois résigné dans sa niche, esseulé, il répète son scénario.
Puisqu’elle préférait son toutou à son chien
Lui, lui ferait le coup, le temps venu.

Un jour de pluie, Pouponne court se réfugier.
Désinvolte, prise par surprise et de peurs, le ciel éclaire
Le tonnerre gronde, la petite oublie dehors ses jouets.
Son Toutou préféré se mouille, se détrempe sous l’averse,
Le chien l’entend geindre, encore plus
Lorsqu’entre ses dents il perd la tête quelques instants,
Le temps de le retrouver, le prend dans sa bouche
Le ramène à celle qu’il aime plus que tout.

C’est ainsi que débute la fin du toutou.
On l’enterra sous le lilas, sous sa fenêtre.
Mignonne sait pardonner depuis qu’elle a grandi.
Son Pitou est devenu son ami, son meilleur ami.
Mais elle a aussi d’autres amis.
Et ses parents dans tout ça
Un malheur les a ravagés.
Non, ils ne sont pas morts
La famille a éclaté sans remords
Suite au signalement déposé devant justice
Par celle qu’on appelle la dame à tout faire.
On les accuse de cruauté et de négligence.
Heureusement pour elle,
Elle comptait encore plus pour cette dame.
Cette Dame de Cœur lui a sauvé la vie.

Que dire de mieux que merci
À toutes ces marraines fées
Qui depuis se transmettent et s’enchaînent
De générations en générations, elles œuvrent
Par amour pour eux
Afin de redonner de l’espoir et de la tendresse
À ces enfants de l’ombre, ces mal-aimés.
Que dire des parrains, que de mots gentils
Comme ceux qui s’adressent à ce Paul. L.

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